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Comment soulager des règles douloureuses ?

Vos crampes ont une cause physique précise. Voici les gestes prouvés pour les calmer, et les signaux qui méritent un avis médical.

4 min de lecture

Vos douleurs de règles sont réelles et ont une cause physique. Entre 50 et 90 % des personnes menstruées ont des crampes pendant leurs règles [1]. Avoir des crampes est fréquent, mais souffrir au point de ne plus vivre normalement ne devrait jamais être banalisé. Vous méritez du soulagement, et il existe tout un éventail de solutions.

Vos crampes viennent d'un excès de prostaglandines

Chaque mois, votre utérus évacue sa muqueuse : ce sont les règles. Pour cela, il libère des prostaglandines (des molécules qui font contracter le muscle) [1]. C'est utile, mais votre corps en produit parfois beaucoup trop.

Les personnes qui ont des règles très douloureuses fabriquent 2 à 4 fois plus de prostaglandines que les autres [2]. Ces contractions compriment les petits vaisseaux de l'utérus, qui manque alors d'oxygène. C'est le même mécanisme qu'une crampe au mollet : contraction trop forte plus manque d'oxygène égale douleur [2].

Votre corps n'est pas défaillant, il travaille avec un peu trop de vigueur. Et comprendre ce mécanisme ouvre des solutions concrètes : on peut réduire ces molécules, détendre le muscle, ou bloquer le signal de douleur.

Sources (2)
  • [1] Proctor M, Farquhar C. Diagnosis and management of dysmenorrhoea. BMJ. 2006;332(7550):1134-1138. doi:10.1136/bmj.332.7550.1134
  • [2] Harel Z. Dysmenorrhea in adolescents and young adults: an update on pharmacological treatments and management strategies. Expert Opin Pharmacother. 2012;13(15):2157-2170. doi:10.1517/14656566.2012.725045

Ce qui soulage vos crampes maintenant

Vous pouvez agir tout de suite, sans ordonnance. La chaleur est le geste le mieux prouvé : une chaleur continue à 39 à 40 °C sur le bas-ventre soulage autant qu'un ibuprofène 400 mg [3]. Elle détend le muscle, ramène de l'oxygène et calme le signal de douleur [4].

Quelques options qui se combinent :

  • Chaleur : bouillotte ou patch thermique sur le bas-ventre, 20 à 30 minutes.
  • Mouvement doux : marche, posture de l'enfant ou du chat, qui libèrent des endorphines et réduisent la douleur de 1,5 à 2 points sur 10 [4].
  • Respiration lente : inspirez 4 secondes, expirez 6, dix fois, pour détendre le système nerveux [4].

Votre assiette compte aussi. Le magnésium (chocolat noir, amandes, épinards) détend le muscle utérin [5]. Les oméga-3 des poissons gras réduisent les prostaglandines inflammatoires, alors que les oméga-6 les augmentent [6]. Bouger régulièrement rend souvent les règles moins douloureuses au fil des mois [4].

Sources (4)
  • [3] Akin MD, Weingand KW, Hengehold DA, Goodale MB, Hinkle RT, Smith RP. Continuous low-level topical heat in the treatment of dysmenorrhea. Obstet Gynecol. 2001;97(3):343-349. doi:10.1016/S0029-7844(00)01163-7
  • [4] Armour M, Smith CA, Steel KA, Macmillan F. The effectiveness of self-care and lifestyle interventions in primary dysmenorrhea: a systematic review and meta-analysis. BMC Complement Altern Med. 2019;19(1):22. doi:10.1186/s12906-019-2433-8
  • [5] Parazzini F, Di Martino M, Pellegrino P. Magnesium in the gynecological practice: a literature review. Magnesium Res. 2017;30(1):1-7. doi:10.1684/mrh.2017.0419
  • [6] Rahbar N, Asgharzadeh N, Ghorbani R. Effect of omega-3 fatty acids on intensity of primary dysmenorrhea. Int J Gynecol Obstet. 2012;117(1):45-47. doi:10.1016/j.ijgo.2011.11.019

Médicaments et TENS : des renforts efficaces

Prendre un antidouleur n'est pas un échec. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (les AINS, comme l'ibuprofène ou le naproxène) sont le traitement le mieux étudié contre les crampes, nettement plus efficaces qu'un placebo [7].

Ils bloquent l'enzyme qui fabrique les prostaglandines, ce qui réduit l'inflammation et les contractions [2][7]. L'astuce qui change tout : les prendre dès les premiers signes, voire 1 à 2 jours avant des règles que vous savez douloureuses. Attendre que la douleur soit installée les rend moins efficaces [2]. Respectez les doses et demandez conseil à votre pharmacien ou médecin, surtout en cas d'estomac sensible.

D'autres renforts existent :

  • Antispasmodiques (comme le phloroglucinol), qui relâchent le muscle utérin.
  • TENS (neurostimulation électrique transcutanée) : un petit appareil qui envoie des impulsions indolores et bloque le signal de douleur, sans effet secondaire dans tout le corps [8].

Vous pouvez associer ces approches : chaleur plus AINS, TENS plus mouvement, magnésium en continu. À vous de personnaliser selon ce qui vous soulage.

Sources (3)
  • [7] Marjoribanks J, Ayeleke RO, Farquhar C, Proctor M. Nonsteroidal anti-inflammatory drugs for dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2015;(7):CD001751. doi:10.1002/14651858.CD001751.pub3
  • [2] Harel Z. Dysmenorrhea in adolescents and young adults: an update on pharmacological treatments and management strategies. Expert Opin Pharmacother. 2012;13(15):2157-2170. doi:10.1517/14656566.2012.725045
  • [8] Proctor ML, Smith CA, Farquhar CM, Stones RW. Transcutaneous electrical nerve stimulation and acupuncture for primary dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2002;(1):CD002123. PMID 11869624. doi:10.1002/14651858.CD002123

Quand consulter : votre douleur peut cacher autre chose

Si votre douleur impacte votre quotidien, vous n'exagérez pas. La plupart des crampes viennent des prostaglandines, mais parfois la douleur signale autre chose.

Consultez si :

  • La douleur résiste aux AINS bien pris (bonne dose, bon timing).
  • Les crampes s'aggravent d'année en année.
  • Vous avez mal en dehors des règles, ou pendant les rapports.
  • Vos règles sont très abondantes (protection changée toutes les heures, gros caillots).
  • Vous avez mal en urinant ou à la selle pendant les règles.

Ces signaux peuvent évoquer une endométriose, une adénomyose ou des fibromes. L'endométriose touche environ 1 personne menstruée sur 10, près de 2 millions de femmes en France [9][10]. Du tissu proche de la muqueuse utérine se développe hors de l'utérus et provoque une inflammation douloureuse. L'adénomyose, elle, atteint le muscle de l'utérus lui-même [11].

Le délai moyen de diagnostic reste de 7 ans [9]. Ce retard n'est ni acceptable, ni votre faute. Vous pouvez dire à votre médecin : mes douleurs m'empêchent de vivre normalement, les antidouleurs ne suffisent pas, j'aimerais explorer une endométriose. Vous avez le droit à un second avis.

Sources (4)
  • [9] Zondervan KT, Becker CM, Missmer SA. Endometriosis. N Engl J Med. 2020;382(13):1244-1256. doi:10.1056/NEJMra1810764
  • [10] INSERM – Dossier Endométriose, 2022. Stratégie nationale de lutte contre l'endométriose, Ministère de la Santé, janvier 2022.
  • [11] Chapron C et al. Diagnosing adenomyosis: an integrated clinical and imaging approach. Hum Reprod Update. 2020;26(3):392-411. doi:10.1093/humupd/dmz049
  • [12] Janssen EB et al. Prevalence of endometriosis diagnosed by laparoscopy in adolescents with dysmenorrhea or chronic pelvic pain: a systematic review. Hum Reprod Update. 2013;19(5):570-582. doi:10.1093/humupd/dmt016

Votre douleur est réelle, explicable, et pas une fatalité. Commencez par ce qui vous parle : chaleur, mouvement doux, alimentation, AINS ou TENS, sans tout essayer d'un coup. Suivez vos symptômes et ce qui vous soulage dans Endora pour repérer ce qui marche pour vous. Et si la douleur reste trop forte, ce n'est pas un échec : c'est le signe qu'un accompagnement médical peut vous aider.

Cet article informe mais ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Si un symptôme t'inquiète, parles-en à un médecin.