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Pourquoi les rapports me font-ils mal, et que faire ?

Vos douleurs sont réelles et ont une cause physique. Voici des solutions concrètes, à explorer à votre rythme.

5 min de lecture

Si les rapports vous font mal, votre douleur est réelle et elle a une cause physique. Vous n'êtes ni cassée, ni frigide, ni « trop tendue ». Près d'une femme sur cinq vit des douleurs pendant les rapports, la dyspareunie, à un moment de sa vie. Ce n'est ni « dans votre tête », ni une fatalité : des solutions concrètes existent, à prendre à votre rythme.

Vos douleurs ont une cause physique, pas « dans la tête »

Reconnaître le type de douleur aide à trouver les bonnes pistes. Une douleur persistante ou qui revient n'est jamais « normale » à endurer en silence : c'est un signal médical [1]. Quatre causes reviennent souvent, et aucune n'est une question de volonté.

  • Brûlure à l'entrée du vagin, au moindre contact : les nerfs de la vulve sont devenus hypersensibles. C'est la vulvodynie, qui touche 8 à 16 % des femmes au cours de leur vie [2].
  • Sensation de mur, de blocage : les muscles autour du vagin (le périnée) se contractent malgré vous, comme les paupières qui se ferment par réflexe. C'est le vaginisme [3][4].
  • Sécheresse, friction de « papier de verre » : la lubrification chute avec une excitation trop courte, l'anxiété, certaines hormones ou certains médicaments. Environ 50 à 60 % des femmes après la ménopause sont concernées [5][6].
  • Douleur profonde dans le bas-ventre, en pénétration profonde : fréquente en cas d'endométriose, où des lésions enflammées se logent derrière l'utérus. Elle touche 40 à 70 % des femmes atteintes [7][8].

Ces douleurs s'alimentent parfois entre elles. La douleur crée la peur du prochain rapport, la peur crée la tension et fait baisser la lubrification, ce qui augmente la douleur suivante [9]. Comprendre ce cercle, c'est déjà commencer à le briser.

Sources (10)
  • [1] Latthe P, Latthe M, Say L, Gülmezoglu M, Khan KS. WHO systematic review of prevalence of chronic pelvic pain: a neglected reproductive health morbidity. BMC Public Health. 2006;6:177. / ACOG Practice Bulletin. Female Sexual Dysfunction. 2019.
  • [2] Bergeron S, Reed BD, Wesselmann U, Bohm-Starke N. Vulvodynia. Nature Reviews Disease Primers. 2020;6(1):36. PMID 32355269. doi:10.1038/s41572-020-0164-2
  • [3] Pacik PT, Geletta S. Vaginismus treatment: clinical trials follow up 241 patients. Sexual Medicine. 2017;5(2):e114-e123. PMID 28363809. doi:10.1016/j.esxm.2017.02.002
  • [4] Morin M, Carroll MS, Bergeron S. Systematic Review of the Effectiveness of Physical Therapy Modalities in Women With Provoked Vestibulodynia. Sexual Medicine Reviews. 2017;5(3):295-322. PMID 28363763. doi:10.1016/j.sxmr.2017.02.003
  • [5] Goldstein AT, Pukall CF, Brown C, Bergeron S, Stein A, Kellogg-Spadt S. Vulvodynia: Assessment and Treatment. Journal of Sexual Medicine. 2016;13(4):572-590. doi:10.1016/j.jsxm.2016.01.020
  • [6] North American Menopause Society (NAMS). Management of symptomatic vulvovaginal atrophy: 2020 position statement. Menopause. 2020;27(9):976-992. / GEMVI/SOFRES. Enquête sur la ménopause en France. 2014.
  • [7] Becker CM, Bokor A, Heikinheimo O, et al. ESHRE guideline: endometriosis. Human Reproduction Open. 2022;2022(2):hoac009. PMID 35350465. doi:10.1093/hropen/hoac009
  • [8] NICE. Endometriosis: diagnosis and management. NICE Guideline NG73 (updated 2024). National Institute for Health and Care Excellence.
  • [9] Bergeron S, Corsini-Munt S, Aerts L, Rancourt K, Rosen NO. Female Sexual Pain Disorders: a Review of the Literature on Etiology and Treatment. Current Sexual Health Reports. 2015;7(3):159-169. doi:10.1007/s11930-015-0053-y
  • [10] EndoFrance / INSERM. Délai diagnostique de l'endométriose en France. 2019. / IFOP pour Eve & Co. Enquête sur les douleurs sexuelles féminines. 2021.

Ce que vous pouvez essayer chez vous, dès maintenant

Certains gestes simples soulagent déjà, sans attendre une consultation.

  • Les lubrifiants, un geste de confort et non un aveu d'échec : ils réduisent tout de suite la friction et les micro-irritations [5]. Préférez une base eau ou silicone, sans parfum, à pH adapté (3,8 à 4,5) [5].
  • Les hydratants vaginaux à l'acide hyaluronique, deux à trois fois par semaine, restaurent l'hydratation en profondeur en cas de sécheresse chronique [5][6].
  • Les préliminaires prolongés augmentent la lubrification et relâchent le périnée : c'est de la physiologie, pas de la politesse [5]. Vous avez le droit de demander ce temps.
  • Les positions où vous menez (au-dessus, ou côte à côte) vous laissent contrôler l'angle et la profondeur, utile en cas de douleur profonde d'endométriose [7][9].

Et si la pénétration reste douloureuse, la sexualité ne s'y résume pas. Caresses, plaisir oral, tendresse : explorer les chemins sans douleur est un acte de soin, pas un renoncement [9].

Sources (4)
  • [5] Goldstein AT, Pukall CF, Brown C, Bergeron S, Stein A, Kellogg-Spadt S. Vulvodynia: Assessment and Treatment. Journal of Sexual Medicine. 2016;13(4):572-590. doi:10.1016/j.jsxm.2016.01.020
  • [6] North American Menopause Society (NAMS). Management of symptomatic vulvovaginal atrophy: 2020 position statement. Menopause. 2020;27(9):976-992. / GEMVI/SOFRES. Enquête sur la ménopause en France. 2014.
  • [7] Becker CM, Bokor A, Heikinheimo O, et al. ESHRE guideline: endometriosis. Human Reproduction Open. 2022;2022(2):hoac009. PMID 35350465. doi:10.1093/hropen/hoac009
  • [9] Bergeron S, Corsini-Munt S, Aerts L, Rancourt K, Rosen NO. Female Sexual Pain Disorders: a Review of the Literature on Etiology and Treatment. Current Sexual Health Reports. 2015;7(3):159-169. doi:10.1007/s11930-015-0053-y

Des traitements efficaces, et qui consulter

Plusieurs traitements ont fait leurs preuves. Aucun n'est obligatoire, et un professionnel formé vous accompagne à votre rythme.

  • Les dilatateurs vaginaux : de petits tubes lisses de taille croissante, insérés vous-même 10 à 20 minutes par jour avec une respiration lente. Le cerveau réapprend que la pénétration n'est pas dangereuse. Combinés à un soutien psychologique, ils atteignent 75 à 95 % de réussite pour le vaginisme, en 4 à 12 semaines [3].
  • La rééducation périnéale : chez beaucoup de femmes, le périnée est trop tendu, pas trop faible. Elle vise donc le relâchement, la coordination et le biofeedback (un capteur qui montre la tension musculaire à l'écran), pas la force. Elle réduit la tension et la douleur dans 50 à 85 % des cas [4]. En France, elle est remboursée sur prescription.
  • La pleine conscience et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) apaisent l'hypervigilance et les pensées qui nourrissent le cercle vicieux. Un programme multidisciplinaire réduit la douleur de 35 à 50 %, et la TCC égale voire dépasse certains médicaments pour la vulvodynie [11].

Côté consultation, plusieurs professionnels peuvent aider. Une ou un gynécologue peut proposer, selon la cause, un traitement hormonal contre la douleur d'endométriose [8], ou des œstrogènes locaux contre la sécheresse, avec une absorption dans le corps minime [6]. Une kinésithérapeute ou sage-femme spécialisée en pelvi-périnéologie mène la rééducation [4][7]. Un ou une sexologue travaille le cercle peur-douleur-évitement et des exercices progressifs sans objectif de pénétration [11].

Sources (6)
  • [3] Pacik PT, Geletta S. Vaginismus treatment: clinical trials follow up 241 patients. Sexual Medicine. 2017;5(2):e114-e123. PMID 28363809. doi:10.1016/j.esxm.2017.02.002
  • [4] Morin M, Carroll MS, Bergeron S. Systematic Review of the Effectiveness of Physical Therapy Modalities in Women With Provoked Vestibulodynia. Sexual Medicine Reviews. 2017;5(3):295-322. PMID 28363763. doi:10.1016/j.sxmr.2017.02.003
  • [11] Brotto LA, Yong P, Smith KB, Sadownik LA. Impact of a multidisciplinary vulvodynia program on sexual functioning and dyspareunia. Journal of Sexual Medicine. 2015;12(1):238-247. doi:10.1111/jsm.12718
  • [8] NICE. Endometriosis: diagnosis and management. NICE Guideline NG73 (updated 2024). National Institute for Health and Care Excellence.
  • [6] North American Menopause Society (NAMS). Management of symptomatic vulvovaginal atrophy: 2020 position statement. Menopause. 2020;27(9):976-992. / GEMVI/SOFRES. Enquête sur la ménopause en France. 2014.
  • [7] Becker CM, Bokor A, Heikinheimo O, et al. ESHRE guideline: endometriosis. Human Reproduction Open. 2022;2022(2):hoac009. PMID 35350465. doi:10.1093/hropen/hoac009

En parler à votre partenaire et vous faire accompagner

Mettre des mots sur votre douleur n'est pas un rejet, c'est un acte de confiance qui permet à votre partenaire d'aider [9]. Choisissez un moment calme, hors de la chambre, pas juste après un rapport douloureux.

Vous pouvez dire, par exemple : « J'ai des douleurs physiques réelles pendant nos rapports. Ce n'est pas lié à toi ni à un manque de désir, et j'ai besoin qu'on en parle. » Ou : « J'aimerais qu'on explore d'autres façons de se faire du bien. »

Le consentement se rejoue à chaque instant : vous avez le droit de dire oui puis stop, de vouloir de la tendresse sans pénétration, de changer d'avis. Une ou un sexologue peut offrir un espace neutre si le sujet crée des tensions [11].

Si vous avez vécu des violences, votre corps peut en garder la trace (tension réflexe, hypervigilance) [2]. Cela ne rend pas votre douleur « uniquement psychologique ». Un accompagnement en psychotraumatisme peut aider, à votre rythme. En France, Viols Femmes Informations répond au 0 800 05 95 95 (anonyme et gratuit).

Sources (3)
  • [9] Bergeron S, Corsini-Munt S, Aerts L, Rancourt K, Rosen NO. Female Sexual Pain Disorders: a Review of the Literature on Etiology and Treatment. Current Sexual Health Reports. 2015;7(3):159-169. doi:10.1007/s11930-015-0053-y
  • [11] Brotto LA, Yong P, Smith KB, Sadownik LA. Impact of a multidisciplinary vulvodynia program on sexual functioning and dyspareunia. Journal of Sexual Medicine. 2015;12(1):238-247. doi:10.1111/jsm.12718
  • [2] Bergeron S, Reed BD, Wesselmann U, Bohm-Starke N. Vulvodynia. Nature Reviews Disease Primers. 2020;6(1):36. PMID 32355269. doi:10.1038/s41572-020-0164-2

Vous n'avez pas à tout régler ce soir. Un premier pas suffit : acheter un lubrifiant, dire « j'ai mal » à votre partenaire, ou prendre un rendez-vous. La pénétration n'est pas la seule intimité, et votre plaisir compte. Noter vos douleurs dans Endora (moment, intensité, contexte) aide votre médecin à y voir clair et à agir plus vite.

Cet article informe mais ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Si un symptôme t'inquiète, parles-en à un médecin.