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Contraception : comment choisir la méthode qui vous convient ?

Pilule, stérilet, implant, méthodes naturelles, urgence : de quoi choisir en connaissance de cause.

4 min de lecture

Choisir sa contraception, c'est une décision intime qui touche votre corps et vos projets. Face aux avis contradictoires et parfois aux jugements, se sentir perdue est compréhensible. Il n'existe pas de méthode parfaite universelle, seulement celle qui vous convient à ce moment de votre vie. En France, environ 9 femmes sur 10 concernées utilisent une contraception [1]. Voici de quoi choisir librement.

Les méthodes hormonales bloquent surtout l'ovulation

Les contraceptions hormonales utilisent des hormones de synthèse (estrogènes, progestatifs, ou les deux). Elles empêchent l'ovulation, épaississent la glaire du col (ce qui bloque les spermatozoïdes) ou modifient la muqueuse de l'utérus.

La pilule combinée reste la plus connue en France, utilisée par 36,5 % des femmes sous contraception en 2016 [1]. Efficace à 99,7 % en théorie, elle tombe à environ 91 % en usage courant, surtout à cause des oublis [2]. La pilule progestative, sans estrogène, convient en cas de contre-indication (thrombose, migraines avec aura, tabac après 35 ans) [3].

D'autres formes évitent le comprimé quotidien :

  • le patch (à changer chaque semaine) et l'anneau vaginal (posé 3 semaines) [2]
  • l'injection de progestatif, tous les 3 mois [2]
  • l'implant (un bâtonnet souple sous la peau du bras), efficace à plus de 99,9 % pendant 3 ans [4]
Sources (4)
  • [1] Baromètre santé 2016. Santé publique France. Contraception : données clés.
  • [2] Organisation mondiale de la Santé (OMS). Family Planning: A Global Handbook for Providers. 3e édition, 2018 ; Medical Eligibility Criteria for Contraceptive Use. 5e édition, 2015.
  • [3] Haute Autorité de Santé (HAS). Contraception : prescriptions et conseils aux femmes. Recommandations de bonne pratique, 2019.
  • [4] FSRH Clinical Guideline: Progestogen-only Implant, 2021. Nexplanon – Résumé des caractéristiques du produit (RCP).

Sans hormones : cuivre, préservatif, observation du cycle

Le DIU au cuivre (le « stérilet ») est un petit dispositif en T posé dans l'utérus par un professionnel. Le cuivre rend le milieu hostile aux spermatozoïdes, sans toucher à vos hormones [5]. Efficace à plus de 99 %, il dure de 5 à 10 ans [5].

Contrairement à une idée reçue des années 1970, il convient aussi aux femmes sans enfant : des modèles courts existent, et la HAS comme l'OMS le recommandent pour toutes [5] [2].

Le préservatif, externe ou interne, est la seule méthode qui protège aussi des infections sexuellement transmissibles (IST). Son efficacité contraceptive courante est d'environ 82 % (externe) et 79 % (interne) [2]. Le diaphragme, une coupelle en silicone associée à un gel spermicide, reste une option ponctuelle sans hormones [2].

La méthode symptothermique observe chaque jour la température au réveil et la glaire du col pour repérer les jours fertiles [6]. Bien apprise, elle atteint 98 % dans l'étude de référence, mais tombe autour de 88 à 92 % en usage courant [6]. Elle demande une vraie formation et des cycles réguliers, pas seulement une application.

Sources (3)
  • [5] Haute Autorité de Santé (HAS). Contraception chez la femme nullipare. Recommandation de bonne pratique, 2019.
  • [2] Organisation mondiale de la Santé (OMS). Family Planning: A Global Handbook for Providers. 3e édition, 2018 ; Medical Eligibility Criteria for Contraceptive Use. 5e édition, 2015.
  • [6] Frank-Herrmann P, Heil J, Gnoth C, et al. The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple's sexual behaviour during the fertile time: a prospective longitudinal study. Human Reproduction. 2007;22(5):1310-1319.

La contraception d'urgence retarde l'ovulation, sans l'interrompre

Un oubli, un préservatif qui craque, un rapport non protégé : cela peut arriver à tout le monde. Y recourir n'a rien de honteux. En France, 6,2 % des femmes de 15 à 49 ans l'ont utilisée au moins une fois dans l'année [7].

Trois options existent :

  • le lévonorgestrel, efficace jusqu'à 72 heures, au mieux dans les 24 premières [8]
  • l'ulipristal acétate, actif jusqu'à 120 heures (5 jours) et plus efficace sur toute la période [8]
  • le DIU au cuivre, posé sous 5 jours : la méthode d'urgence la plus efficace, plus de 99 % [5]

Ces pilules agissent en retardant ou en bloquant l'ovulation. Elles n'interrompent pas une grossesse déjà installée : l'OMS et la FIGO les classent comme une contraception, pas comme un avortement [8] [9]. Plus elles sont prises tôt, mieux elles marchent. En France, elles sont sans ordonnance et prises en charge à 100 %.

Sources (4)
  • [7] Rahib D, Lydié N. Baromètre santé 2016 – Contraception. Santé publique France / BEH. 2018;(29).
  • [8] Organisation mondiale de la Santé (OMS). Fiche d'information : Contraception d'urgence, 2021.
  • [5] Haute Autorité de Santé (HAS). Contraception chez la femme nullipare. Recommandation de bonne pratique, 2019.
  • [9] International Federation of Gynecology and Obstetrics (FIGO). Statement on Emergency Contraception, 2017.

Bien choisir : efficacité, effets, et cas de l'endométriose

Aucune méthode n'est supérieure dans l'absolu, seulement celle qui vous convient. Les méthodes longue durée (DIU, implant) sont les plus fiables, car elles ne dépendent pas d'un geste quotidien [2]. Vos effets ressentis (saignements, humeur, libido) comptent autant que les statistiques et méritent d'être discutés [3].

Les estrogènes sont déconseillés en cas de thrombose, de migraines avec aura ou de tabac après 35 ans [2] [3]. Deux idées reçues tombent : la pilule ne fait pas grossir de façon significative (revue Cochrane, 49 essais) [15], et aucune « pause » n'est utile, elle augmente même le risque de grossesse [12] [13]. La fertilité revient vite, en 1 à 3 cycles en moyenne [16].

Avec l'endométriose, qui touche environ 1 femme sur 10 (près de 190 millions de femmes et de filles) [11], certaines contraceptions jouent un double rôle. La pilule en continu ou le diénogest freinent les lésions et réduisent les douleurs [12] [14]. À discuter avec un professionnel spécialisé, sans sacrifier vos besoins contraceptifs.

Sources (9)
  • [2] Organisation mondiale de la Santé (OMS). Family Planning: A Global Handbook for Providers. 3e édition, 2018 ; Medical Eligibility Criteria for Contraceptive Use. 5e édition, 2015.
  • [3] Haute Autorité de Santé (HAS). Contraception : prescriptions et conseils aux femmes. Recommandations de bonne pratique, 2019.
  • [15] Gallo MF, Lopez LM, Grimes DA, Carayon F, Schulz KF, Helmerhorst FM. Combination contraceptives: effects on weight. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2014;(1):CD003987.
  • [12] European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE). Guideline on Endometriosis, 2022.
  • [13] Faculty of Sexual & Reproductive Healthcare (FSRH). Combined Hormonal Contraception Guideline, 2019.
  • [16] Girum T, Wasie A. Return of fertility after discontinuation of contraception: a systematic review and meta-analysis. Contracept Reprod Med. 2018;3:9. doi:10.1186/s40834-018-0064-y.
  • [11] Organisation mondiale de la Santé (OMS). Fiche d'information : Endométriose, 2023.
  • [14] Strowitzki T, Faustmann T, Gerlinger C, Seitz C. Dienogest in the treatment of endometriosis-associated pelvic pain: a 12-week, randomized, double-blind, placebo-controlled study. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2010;151(2):193-198. PMID:20444534.
  • [10] UNFPA – State of World Population Report, 2022.

Votre contraception, c'est votre choix, et il peut évoluer avec votre vie. Passer de la pilule au DIU, essayer l'implant, revenir au préservatif : aucun de ces parcours n'est un échec. Si votre méthode actuelle ne vous convient plus, parlez-en à un professionnel de confiance (médecin, sage-femme, gynécologue). Vous pouvez suivre dans Endora vos effets ressentis pour en discuter avec des repères concrets. Vous avez le droit d'être informée, entendue et respectée.

Cet article informe mais ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Si un symptôme t'inquiète, parles-en à un médecin.